Alzheimer : la construction sociale d’une maladie PDF

De plus, en tant que fils, il était triste de l’imaginer manger seule dans son appartement, où elle ne s’était jamais sentie chez elle (elle demandait toujours à rentrer chez elle).


La maladie d’Alzheimer – que l’on classait jusque récemment sous le vocable de « démence sénile » voire de « gâtisme » ou de « radotage » – est aujourd’hui largement sortie du domaine médical pour devenir à la fois un problème de santé publique et un « problème public », et par là même un véritable enjeu social et politique. À ce titre, elle doit être appréhendée comme un fait social à part entière, à la croisée de l’anthropologie, des sciences politiques et de plusieurs champs de spécialisation de la sociologie. Cet ouvrage se propose d’étudier l’ensemble des processus à l’œuvre dans l’émergence d’une maladie touchant le fondement de la personne humaine – la mémoire – et les actions menées par les différents acteurs afin qu’elle soit reconnue et prise en compte dans notre société. La « sortie de l’oubli » de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées et la possibilité de la prise de parole des personnes malades elles-mêmes dans l’espace public sont la résultante de plusieurs dynamiques : scientifique et médicale, associative, médiatique et politico-administrative. L’analyse pose en filigrane la question d’évolutions sociales plus larges, comme la médicalisation des phénomènes sociaux, la progression des maladies chroniques et l’alzheimérisation de la grande vieillesse : autant d’éléments d’arrière-plan qui ont contribué à modeler les représentations et le vécu des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Pendant ce temps, le comportement linguistique peut changer en raison de la perte de confiance, de la dépression, des rapports de pouvoir altérés, de la construction sociale de la maladie et des contextes discursifs dans lesquels se trouvent les personnes atteintes de la maladie. Les études qui ont examiné si la prévalence de la maladie d’Alzheimer diffère selon le statut socioéconomique ou le groupe racial, ethnique ou de genre ont donné des résultats négatifs ou contradictoires. Par conséquent, des efforts particuliers ont été déployés pour obtenir de larges représentations selon l’âge, le sexe, le statut socio-économique, la race et l’origine ethnique. L’effet du genre est intéressant, avec un certain nombre d’études indiquant que les soignants masculins sont plus susceptibles aux maladies physiques (telles que les maladies cardiovasculaires) à la suite de la prestation de soins.-}